1Pédophilie, prévention et psychothérapie avant le passage à l’acte.

La question de la prévention de la pédocriminalité revient dans l’actualité. Un récent article de Medscape [1] relaie la position de plusieurs psychiatres. Ces derniers soulignent notamment la nécessité de prévenir les violences sexuelles subies par les enfants.

Penser cette prévention suppose une distinction importante : la pensée n’est pas l’acte. Ainsi, avoir une pensée ou un fantasme sexuel impliquant un enfant ne signifie pas nécessairement l’imminence d’un passage à l’acte.

Cette distinction ne minimise en rien la gravité du passage à l’acte pédophile. Au contraire, elle permet de différencier deux registres. Le soin peut accueillir et examiner la pensée. En revanche, l’acte, en tant qu’il transgresse la loi, relève de la justice.

Quand la pensée peut devenir parole

Une pensée qui peut se dire devient aussi une pensée qu’il est possible de travailler. Ainsi, la psychothérapie ou la psychanalyse offre un lieu où elle peut se transformer en parole. Quelle place occupe-t-elle dans la vie psychique de l’être ? Que vient-elle dire de son histoire, de son rapport au désir, à l’autre, à la sexualité ou encore à l’interdit ?

Le clinicien, en tant qu’il reçoit une telle parole, se trouve dans une position particulière. Formé à accueillir la souffrance et écouter ce qui ne peut se dire ailleurs, cette position permet que l’être dévoile ses fantasmes et apprenne sur lui-même.

Pour autant, le clinicien n’est pas extérieur à la loi. Il soutient l’interdit qui protège l’enfant. Accueillir la pensée ne revient donc ni à autoriser ni à effacer la limite entre le fantasme et l’agir. Dans une perspective psychanalytique, cette limite constitue même une dimension essentielle de la cure.

Quand consulter ?

Une attirance sexuelle envers les enfants, des fantasmes pédophiles ou la souffrance qu’ils suscitent constituent déjà des motifs de consultation.

La consultation peut également concerner une personne qui a commis un passage à l’acte pédophile, dans la mesure où celui-ci l’a reconnu auprès des autorités compétentes. Dans ce dernier cas, le travail clinique ne se substitue évidemment ni à la loi ni à la justice.

La cure peut ainsi prendre place dans une démarche de prévention, en ouvrant un espace où la pensée peut être élaborée plutôt qu’agie.

Enfin, les personnes ayant subi des violences sexuelles peuvent elles aussi entreprendre une psychothérapie ou une psychanalyse afin de travailler les conséquences psychiques de ce qu’elles ont vécu.

Que la demande concerne des pensées pédophiles, un passage à l’acte ou les conséquences d’une violence sexuelle subie, vous pouvez prendre rendez-vous avec le docteur Lucille Mihoubi pour une première consultation.

 

[1] Haroche, Q. Pédophilie : des psychiatres appellent à combattre le mal à la racine, 2026, https://francais.medscape.com/s/viewarticle/p%C3%A9dophilie-des-psychiatres-appellent-combattre-mal-2026a1000mhq?ecd=a2a